Test – Gaya L’Incroyable : le vélo cargo électrique comme aucun autre
Gaya lance sa nouvelle gamme de vélos cargos baptisée L’Incroyable. Nous avons testé le format long capable de transporter jusqu’à deux enfants. Si le précédent vélo de la marque nous avait bien plu, celui-ci nous convainc encore davantage. Explications.

Gaya L’Incroyable (long)
Pour
- Super confortable pour le pilote et ses passagers.
- Vélo familial facile à partager.
- Un look bien a lui et assumé.
- Assistance souple et naturelle.
- La gâchette, hyper pratique.
- Freinage efficace.
- Apport bénéfique des clignotants et du klaxon.
- Application agréable et complète.
Contre
- Très lourd.
- Autonomie contrainte avec la petite batterie.
- Transmission d’entrée de gamme.
- Moteur un peu bruyant.
L’Incroyable de Gaya est un longtail qui affirme ses différences et cela lui réussit. Un look bien à lui, complété par des équipements de confort et de sécurité bien pensés et complets. Efficace et agréable, il n’hésite pas à emprunter au scooter et va au bout de ses idées (clignos, klaxon, béquille, gâchette…). Il est l’un des cargos les plus confortables du marché. Tout cela se paye sur la balance, avec un poids élevé et une autonomie limitée (qui pousse à opter pour la plus grosse batterie). La version courte (un passager) promet d’être moins lourde, plus dynamique et plus autonome, en plus d’être moins chère. Elle sera préférée par ceux qui n’ont pas besoin de deux places à l’arrière.
Présentation
Gaya a su s’imposer dans le paysage de la mobilité urbain à vélo ces dernières années. Ses vélos porteurs (longtail ou compact) sont pertinents et misent sur la sécurité. Ils ont notamment su toucher un public varié, y compris féminin.
Nous avions été plutôt convaincus l’an dernier par le Gaya Compact, et avons pu tester en avant-première le tout nouveau vélo cargo longtail de la marque : L’Incroyable. Un vélo capable de porter jusqu’à 170 kg (en plus de son propre poids), dont 80 kg à l’arrière et 15 kg à l’avant.

« C’est le même, mais on a tout changé » résume en souriant Jacques Bonneville, cofondateur de Gaya et concepteur du vélo. Et effectivement, cette nouvelle version du cargo électrique de Gaya bénéficie d’un nouveau cadre, d’améliorations notables côté confort, de nouveaux équipements… sans sacrifier son ADN qui reste inchangé. Le même en mieux, donc ? C’est ce que nous allons vérifier dans ce test.
Ces nombreuses nouveautés, on les retrouve également à l’identique sur la version courte de ce nouveau vélo (un passager, enfant ou adulte). Il faut aussi savoir que l’ancienne génération de vélos et la nouvelle vont cohabiter au catalogue du fabricant. « Ca nous permet d’élargir la gamme et de pouvoir répondre en prix à un panel plus large de clients », nous explique Amélie Guicheney, co-fondatrice et directrice de la marque.

Aux « anciens » Gaya Compact 2 places (à partir de 2200 €) et Gaya Cargo 3 places (à partir de 2700 €) s’ajoutent donc la nouvelle génération de vélos Gaya L’Incroyable, vendus à partir de 3200 € pour le modèle « court » et 3700 € pour le modèle « long » testé ici. Ces prix s’entendent vélos « nus », sans accessoires pour les passagers.
Le modèle court sera probablement équipé d’un kit « adulte » par une grande majorité de clients, ce dernier comportant coussin, cale-pieds et protections de roue, pour 180 €. Le long pourra, lui, être équipé du kit enfants (comme sur notre vélo de test) comprenant les barres de protection, les cale-pieds longs, les protections de roue et le double coussin, pour 400 €. D’autres kits et options seront également proposés au client, avec sièges bébés notamment.
Les vélos Gaya, toujours assemblés par Arcade Cycles en Vendée, montent donc en gamme avec ces nouvelles versions. Une hausse tarifaire assez logique, justifiée par les améliorations apportées.

A noter, ce test a été réalisé sur une pré-version du vélo prêtée par Gaya. Certains détails seront donc corrigés sur les vélos en version finale, comme par exemple la barre de protection des passagers à l’arrière qui va être réhaussée de 4 cm pour faciliter le passage des enfants avec un casque sur la tête, ou encore l’intégration et le rangement des câbles à l’avant du vélo pour un rendu plus épuré et propre.
Confort
Vélo familial par excellence, L’Incroyable de Gaya est un vélo proposé en une seule taille qui doit convenir aux cyclistes mesurant entre 1,60 et 1,95 m. Nous avons validé sans aucun souci son utilisation par deux pilotes de 1,64 et 1,85 m durant notre essai.


La selle très large au rembourrage moelleux est toujours montée sur une tige de selle télescopique activable via une petite gâchette présente sous la selle. Cela reste pratique et ça évite d’encombrer un peu plus un poste de pilotage déjà chargé, sachant que le gros intérêt est ici de pouvoir moduler la hauteur d’assise sur une amplitude de 10 cm sans avoir à sortir d’outil. Idéal lorsque l’on partage un vélo au sein d’une même famille.

Auparavant, il fallait toutefois jouer de la clé Allen pour régler l’inclinaison de la potence. C’est fini sur cette nouvelle version qui intègre une potence réglable à l’aide d’un simple levier. On va ainsi pouvoir moduler la hauteur du guidon mais aussi son inclinaison en quelques secondes, afin d’avoir un vélo toujours bien réglé selon ses préférences sans prise de tête.


Les poignées en similicuir avec un petit repose paume sont agréables malgré un grip perfectible (le caoutchouc reste imbattable sur ce point), mais les nouvelles pédales sélectionnées par Gaya sont un excellent choix. Il s’agit de pédales plates Wellgo en résine suffisamment larges, avec un « grip tape » antidérapant façon papier de verre qui assure une très bonne adhérence.
Ça, c’était pour les points de contact avec le vélo et la position que l’on peut adopter à son guidon. Mais le confort, c’est aussi une question d’amorti. Et sur ce point, Gaya marque des points.

D’abord, pour la première fois, les vélos Gaya intègrent une fourche suspendue à l’avant. Une fourche au débattement de 70 mm qui absorbe bien les aspérités et permet d’épargner les bras sur les pavés, les descentes de trottoirs ou les trous dans la chaussée. Assez molle, elle ne pénalise en rien le pilotage du vélo qui reste – nous y reviendrons – maniable et dynamique grâce à ses petites roues. On note la présence d’un axe traversant pour la fixation de la roue, ce qui permet de conserver une bonne rigidité.

Des vélos cargos à fourche suspendue, il y en a plein. Des vélos cargos tout suspendu, c’est extrêmement rare. Et c’est un point sur lequel Gaya se démarque avec la nouvelle version de son cargo. La marque a, en effet, intégré un bras oscillant en retravaillant le cadre de son vélo, afin d’intégrer un amortisseur arrière composé de deux pièces de polyuréthane de densités différentes, pour mieux absorber les différentes fréquences de secousses.
L’avantage par rapport à un élastomère est que cela ne durcit pas lorsqu’il fait froid, et avec des butées progressives cela permet à Gaya de proposer l’équivalent de 50 mm de débattement, sans entretien. Avec l’amplitude de la plateforme arrière, cela permet de bénéficier de pas mal d’amorti.

L’efficacité de ce genre de solutions est très variable et dépend beaucoup du matériau utilisé, de son implémentation, de l’épaisseur, etc. Force est de constater que Gaya a bien fait les choses compte tenu de l’efficacité de cet amortissement et du gain en confort qu’il occasionne pour le pilote, mais aussi pour ses passagers.
Ce n’est absolument pas évident d’avoir un amortisseur dont le comportement soit convaincant lorsque l’on évolue seul sur le vélo ou avec beaucoup de poids à l’arrière. Dans les deux cas, on gagne en confort avec un amorti bien sensible grâce à cette pièce. La seule inconnue reste l’efficacité à long terme de cet amortisseur et sa durabilité, le matériau étant susceptible de se tasser et de perdre de ses qualités dans le temps.
Et lorsque l’on ajoute le gros volume d’air des pneus ballons de 60 mm de section qui permettent d’avoir une pression de gonflage assez faible, on obtient un gros vélo électrique familial vraiment très confortable. Sans aucun doute l’un des plus confortables sur lesquels nous avons pu rouler.

Les pneus en question nous ont également donné satisfaction dans leurs performances au quotidien, avec un grip très correct sur le sec mais également sur chaussée humide. Ils sont rassurants en courbe et leurs flancs réfléchissants maximisent la visibilité du cycliste.
Leur couleur crème fait partie intégrante de l’esthétique des vélos Gaya et c’est un vrai point fort, tout en étant malgré tout une limite : le vélo perd de son attrait avec un pneu noir plus classique (et plus encore en bi-ton). En cas de remplacement, pour préserver le look de son vélo, il vaudra donc mieux se rapprocher de la marque pour acheter un nouveau pneu.

Le nouveau longtail de Gaya bénéficie, on l’a dit, d’un cadre en aluminium entièrement revu. On conserve l’enjambement bas (46 cm) qui facilite la mise en selle, mais le diamètre des tubes a bien grossi tout en délaissant les arrondis pour une forme un peu plus « carrée ». C’est réussi et le vélo se modernise sans renier son identité de base.

Tout un travail a été réalisé au niveau du pédalier, sans pour autant que le vélo ne passe sur un moteur central malgré les apparences. En effet, un « faux moteur central » a été imaginé autour du pédalier, ce qui permet à la marque de caser le contrôleur électronique et de gérer les branchements à un endroit beaucoup plus accessible qu’auparavant, ce qui présente un intérêt pour l’entretien et les éventuelles réparations.


La partie arrière du vélo a également connu de nombreux changements pour intégrer la suspension, améliorer la position de la batterie et se renforcer encore davantage. Ce qui permet à la capacité d’emport total du vélo de progresser de 10 kg, passant à 170 kg, avec un feu arrière et des clignotants un peu mieux protégés. La marque nous fait savoir que des accessoires à venir permettront de stocker le vélo à la verticale si on le souhaite pour limiter son empreinte au sol.

Le confort est donc également assuré pour le(s) passager(s), avec des assises confortables, des cale-pieds de bonne taille et un dossier venant prendre place à l’arrière des barres de maintien pour parfaire le tout. Le vélo voit sa longueur prendre 4 petits centimètres par rapport à la version précédente, pour afficher un total de 199 cm de l’extrémité de la roue avant à l’arrière.
Performances
L’Incroyable de Gaya fait le pari d’être un vélo très confortable et maximaliste dans son approche, ce qui se paye forcément sur son poids. Avec l’ensemble des accessoires équipés sur notre version de test et la batterie montée sur son cadre, nous l’avons pesé à 46 kg ! C’est très lourd et mieux vaudra ne pas avoir à le porter, même sur quelques marches. Cela pourra aussi compliquer ses manipulations à l’arrêt pour certains.

Pour avoir roulé avec en « Off » sur quelques kilomètres en fin de test d’autonomie, on confirme que c’est un beau bébé pas évident à lancer ou à emmener en côte à la seule force des cuisses. Mais bien sûr, c’est un vélo à assistance électrique et son moteur arrière développant 50 Nm de couple (250 W, 48V, toujours fourni par Ananda) permet de gommer cet embonpoint et lui redonner une certaine vivacité.
Trois modes d’assistance sont proposés : low, med et high. Le mode le plus faible ne sera utilisé que sur le plat lorsque l’on souhaite maximiser le rayon d’action du vélo. En effet, il délivre une aide au pédalage trop faible pour maintenir une bonne vitesse de croisière sans se fatiguer, d’autant plus si l’on est chargé.

Cela devient beaucoup plus intéressant en mode intermédiaire. Le vélo retrouve de l’allant, avec des démarrages dans lesquels on se sent bien accompagné, la capacité à relancer aisément dans la circulation même accompagné d’un ou deux passagers, tout en maintenant les 25 km/h une fois lancé sur le plat. Il n’y a que lorsque le dénivelé arrive que ce mode montre ses réelles limites. On jouera alors de la gâchette ou on passera en mode high.
Dans le mode d’assistance le plus élevé (et le plus énergivore, forcément), on bénéficie comme toujours du meilleur agrément de pilotage. Le vélo devient encore plus vif et dynamique, et le moteur parvient à gommer le poids de ce grand vélo. Pour autant, lors des montées les plus franches, il faudra savoir réduire son braquet, mouliner davantage et grimper un peu plus lentement. Face aux côtes les plus marquées, le vélo monte entre 14 et 18 km/h environ en fonction de la charge transportée à l’arrière. On y va donc plus tranquillement, mais ça monte.

Le fonctionnement du moteur est associé à un capteur de couple qui permet d’interpréter la force mise dans les pédales par le cycliste et d’adapter l’assistance fournie par le bloc électrique. Cela permet de bénéficier d’un pédalage beaucoup plus naturel. Il faut néanmoins savoir que le moteur de ce Gaya Cargo n’est pas des plus silencieux lorsqu’il donne le meilleur de lui même. Si, lancé sur le plat en ville, il se fait assez bien oublier avec le bruit de la circulation et du vent, il se rappelle à nous dès qu’il est davantage sollicité.

Soyons honnêtes, nous n’avions pas forcément un bon a priori vis à vis de la gâchette présente sur la droite du cintre et permettant de bénéficier d’une aide au démarrage et d’un coup de boost en pédalant. Quelques kilomètres nous ont pourtant suffi à l’apprécier et à en voir tout l’intérêt. Ce vélo s’adressant aussi à des cyclistes débutants, cette gâchette est un vrai point positif.
Dans la pratique, elle permet de lancer le vélo jusqu’à 6 km/h (équivalent du mode marche) sans avoir à pédaler. C’est super pratique pour lancer le vélo, surtout si l’on a oublié de descendre ses vitesses en anticipation avant d’arriver à un feu. Mieux, cela facilite grandement les démarrages en côte et cela permet également de rester la plupart du temps dans le mode d’assistance intermédiaire pour améliorer l’autonomie, tout en jouant de la gâchette pour passer les difficultés de parcours hyper facilement.
Idem, un petit trottoir à monter alors que l’on est à l’arrêt avec des enfants à l’arrière, pas de panique, on garde les pieds ancrés au sol et on met des petits coups de « gaz » avec la gâchette pour grimper. En toute franchise, nous ne pensions pas être autant convaincus par cette fonction, particulièrement adaptée à un tel vélo.

C’est d’autant plus réussi que si sur les précédents modèles, cette gâchette était associée à une commande de dérailleur peu pratique, on a cette fois-ci droit à de vrais shifters bien intégrés pour piloter les 7 vitesses du dérailleur Shimano Tourney. Il s’agit d’une transmission d’entrée de gamme qui ne fait pas des miracles, mais fait le job. Sur un vélo à 3700 €, nous attendions tout de même une transmission de gamme supérieure.
En effet, on ne retrouve pas la précision ou la rapidité des changements de vitesses dont on profite sur des dérailleurs plus onéreux, mais pour un vélo de ville sur lequel les vitesses seront sans doute assez peu passées (surtout avec la présence de la gâchette), ça fonctionne. Il faudra simplement veiller à entretenir assez régulièrement cette transmission (nettoyage et lubrification) pour optimiser son fonctionnement dans le temps. En tout cas, nous n’avons pas eu besoin de la re-régler sur la durée de notre test.

La cassette 11-28 est plutôt adaptée à l’usage prévu pour ce vélo de ville familial, permettant d’avoir des cadences de pédalage confortables sur la plage de l’assistance électrique, jusqu’à 25 km/h. Un peu au-dessus, on sent qu’un plus grand développement aurait peut-être été nécessaire. Mais vu le poids du vélo personne ne s’essoufflera bien longtemps à le pousser au-delà de l’assistance et, en descente, on ne l’accompagnera pas forcément très longtemps en profitant de l’inertie.


On bénéficie quoi qu’il en soit d’un vélo bien assis sur ses petites roues, stable, avec un guidonnage plutôt maîtrisé même à faible vitesse lorsque ça gigote à l’arrière. La longueur du vélo n’est vraiment pas handicapante dans la circulation ou pour passer de petits obstacles telles que des barrières d’accès aux pistes cyclables ou autre. Il faut parfois être prudent dans ses manœuvres mais globalement, si le cintre passe et que l’angle et bon, ça passe derrière au niveau de l’arceau de protection ou des cale-pieds.
Côté freinage, ce Gaya Cargo nous a donné satisfaction. On y retrouve des freins à disque hydrauliques Tektro HD-E350 qui, s’ils se contentent de 2 pistons, viennent mordre des disques de 180 mm avec efficacité.

Il n’y a aucune difficulté à doser ses arrêts et ralentissements, et en cas d’urgence il est possible d’arrêter le vélo chargé au max et lancé à 25 km/h en moins de 3 mètres sans souci. De la même manière, nous n’avons pas constaté de perte de performance au freinage ou de surchauffe même en empruntant de longues descentes bien pentues avec du monde à l’arrière. Pour un vélo familial qui fait de la sécurité l’un de ses atouts, c’est réussi.
Equipement
Parmi les nombreuses améliorations apportées par Gaya à cette nouvelle version Incroyable de ses vélos, on remarque d’emblée la commande moteur qui s’agrandit de manière notable et intègre désormais à la fois les boutons permettant d’interagir avec l’assistance électrique, mais également ceux qui permettent d’activer les clignotants.

Son écran est beaucoup plus lisible et le fonctionnement des clignos s’améliore avec un fonctionnement « à impulsion ». Un clic déclenche 5 clignotements pour alerter d’un changement de direction et le clignotant s’éteint de lui même. Ca évite de faire 1 km avec le commodo resté bloqué sur un côté.

Tout est très simple à prendre en main même si le poste de pilotage est chargé. La commande moteur intègre également un petit port USB qui permet de brancher son téléphone pour le recharger si besoin. Téléphone qui pourra venir prendre place au niveau de la potence, où un pas de vis permet de venir fixer un support Shapeheart, SP Connect, Quad Lock, etc.


Vous l’avez compris, le parti pris de Gaya est de proposer un vélo sécurisant entièrement équipé. On y trouve des garde-boues enveloppants en aluminium joliment intégrés, avec un petit look cyclo/vespa assumé, en témoignent la selle ou les éclairages.

Le porte-bagages allongé et renforcé à l’arrière passe sur un système MIK qui permet de clipser très aisément ses accessoires, que ce soit des coussins d’assise comme sur notre modèle de test ou un siège bébé par exemple. C’est une excellente chose, qui permet de moduler l’usage du vélo en un rien de temps.


Qui dit sécurité dit éclairage et visibilité. De ce point de vue là, L’Incroybale de Gaya a bien des avantages : son gros phare rond à l’avant éclaire bien de nuit (300 lumens), les clignotants sont bien visibles et montés sur des bras souples pour améliorer leur résistance face aux aléas du quotidien, le feu arrière dispose de la fonction feu stop et accentue son intensité au freinage.
Vraiment, c’est une partie très convaincante sur ce vélo et la marque a raison d’en faire un vrai point différenciant, même si cela contribue à lui donner des allures de scooter que tous n’apprécieront pas.


D’autant plus que si l’on est parfois dubitatif quand à la visibilité ou la compréhension des clignotants sur un vélo par les autres usagers, ici l’intégration fait que cela fonctionne très bien et les passants, vélos et autres automobilistes avec qui nous avons pu échanger durant ce test nous ont tous confirmé avoir bien perçu le changement de direction. C’est donc un vrai plus, sachant qu’avec deux enfants à l’arrière, tout le monde ne sera pas suffisamment à l’aise pour lâcher une main et tendre le bras.

Toujours dans le côté pratique et sécurisant, la béquille double montée par Gaya sur son vélo rappelle celle des scooters avec son petit pied qui permet d’appuyer avec la semelle en reculant le vélo pour faciliter sa mise en place. Cette béquille est suffisamment stable et solide pour permettre aux enfants de s’installer à l’arrière.


La transmission bénéficie d’un carter qui évitera de tacher le bas du pantalon, les pare-jupes sont fixés à l’aide de velcros et son faciles à installer/retirer si besoin, tandis que les nouveaux cale-pieds remplissent parfaitement leur rôle, y compris lorsque l’on a deux passagers. Un ressort de direction est toujours présent, il garde la roue avant dans l’axe lorsque le vélo est sur la béquille et limite le guidonnage.

Bon point, Gaya a mis en œuvre des points de fixation pour conserver un antivol de cadre sur la roue avant malgré l’arrivée de la fourche suspendue. Cet antivol, toujours pratique pour les arrêts minute, fonctionne avec la même clé que la batterie du vélo, ce qui est là encore un plus en termes de praticité. Petit détail, le vélo perd les deux oeillets de fixation que l’on trouvait sur la précédent version au niveau du tube de selle. Plus qu’un bidon, ils pouvaient être utiles pour transporter un antivol pliant par exemple.
Enfin, comment oublier le klaxon qui vient compléter la sonnette traditionnelle. C’est un élément qui nous avait bien plu sur le précédent Gaya et on valide une fois encore son intégration à un vélo urbain de ce type. Il faut simplement savoir lequel utiliser dans quelles circonstances, pour optimiser l’efficacité de ses alertes. Le son du klaxon a un peu changé et fait un peu moins scooter, mais il reste suffisamment fort pour attirer l’attention dans la circulation. Trop puissant et mal compris sur les pistes cyclables, on lui préfèrera la sonnette entre cyclistes.
Une application simple et très complète
Gaya propose aux utilisateurs de ses vélos une application extrêmement complète. Si sa première fonction est de permettre le verrouillage/déverrouillage du vélo (ce qui a pour effet d’activer une alarme puissante assez dissuasive), elle regorge également d’informations et de fonctionnalités pratiques.

On peut y consulter le niveau de charge de la batterie et l’autonomie restante estimée (avec notification lorsqu’il est temps de recharger), la géolocalisation du vélo qui est muni d’un module GPS (bénéficiant de sa propre batterie), la quantité estimée de CO2 économisée durant ses trajets ou encore diverses données liées à ses déplacements (distance, durée, vitesse moyenne…).
On y retrouve également la carte d’identité du vélo avec son numéro de châssis et son numéro de marquage unique, des rappels de maintenance pour savoir quand faire un tour à l’atelier, la possibilité de partager la position du vélo facilement ou encore la fonction « vélo volé ». Dans ce mode, l’assistance moteur est désactivée, l’écran cesse de fonctionner et on peut suivre la localisation du vélo en temps réel. Une option permet aussi de partager l’ensemble des informations nécessaires aux forces de l’ordre pour mettre toutes les chances de son côté afin de récupérer son vélo.
Enfin, des tutoriels sont proposés pour être guidé dans les réglages de son vélo ou de petits entretiens simples d’accès. On peut également consulter l’état de la garantie de son vélo et souscrire, si on le souhaite, une assurance « vol, dommage et assistance » facturée 230 € par an (vol et assistance à 180 €, dommage et assistance à 90 €).

Une application très complète à laquelle il ne manque que la navigation et la cartographie. Elle reste toutefois optionnelle. En effet, ceux qui ne souhaitent pas y avoir recours pourront parfaitement utiliser leur vélo sans, et pourront notamment utiliser un badge NFC fourni par la marque pour verrouiller/déverrouiller leur vélo.
Toutes ces fonctions sont offertes la première année, puis facturées 60 € par an.
Autonomie et charge
Lors du notre test du précédent Gaya Compact, nous avions noté le manque d’ergonomie de la batterie au quotidien. C’est un point que la marque a tenu à améliorer et cette batterie est en effet bien plus pratique à utiliser.

Premier point, et non des moindres : elle est équipée d’une poignée qui facilite énormément son transport et sa manipulation. Autre petit détail, elle tient désormais debout lorsqu’on la pose sur une surface plane. Ce n’est pas grand chose, mais c’est souvent hyper pratique car ça limite l’espace nécessaire pour la stocker/charger et ça améliorer ses manipulations.
Autres changements bénéfiques, la clé fournie avec le vélo déverrouille désormais à la fois l’antivol de cadre et la batterie. Il n’est d’ailleurs plus obligatoire de verrouiller manuellement la serrure de la batterie à chaque fois que l’on vient la réenclencher.

Aussi, l’extraction de la batterie se fait désormais par le dessus et s’avère bien plus pratique qu’auparavant. Gaya a vraiment bossé sur ce point pour offrir une expérience utilisateur plus simple et efficace, et ça se voit.
Notre modèle de test est équipé de la version de base de cette batterie, offrant une capacité de 460 Wh pour un poids de 3,1 kg. Il est toujours possible d’opter pour une batterie de plus grande capacité pour 200 € de plus. Cette dernière atteint 700 Wh et propose donc 50 % d’autonomie supplémentaire.

C’est une option que l’on conseillera à celles et ceux qui multiplient les trajets dans la même journée et habitent relativement loin de leur travail et de leurs points d’intérêts. En effet, sur une première charge complète en roulant exclusivement à vide et dans le mode d’assistance le plus élevé, nous avons été en mesure de parcourir environ 32 km avec la batterie de 460 Wh.
Sur un second cycle de charge, en roulant chargé d’un ou deux enfants à l’arrière la moitié du temps, et en alternant entre assistance moyenne et élevée, nous avons parcouru environ 37 km. Il faut également savoir qu’en dessous de 10 % de batterie, l’assistance devient vraiment très légère.
Comme toujours, rappelons que l’autonomie d’un vélo électrique dépend d’une multitude de paramètres (forme du pilote, topographie des lieux, conditions météorologiques, modes d’assistance utilisés, etc.). Ces tests en conditions réels sont là pour vous permettre de vous faire une idée du rayon d’action typique du vélo.

Il faut savoir que cette batterie se charge de 0 à 100 % en 4h30 environ avec le chargeur 2A de base. Gaya propose, pour ceux qui veulent bénéficier d’une vitesse de charge accélérer, un chargeur 4A facturé 50 €.
Enfin, et cela n’a rien d’anodin, la marque a profité du travail effectué sur cette nouvelle batterie pour améliorer sa réparabilité. Une excellente nouvelle, sachant que Gaya est désormais en mesure de remplacer des éléments qui viendraient à dysfonctionner sur ses batteries, évitant autant de gaspillages et pollutions inutiles en cas de problème.
Conclusion
Pour
- Super confortable pour le pilote et ses passagers.
- Vélo familial facile à partager.
- Un look bien a lui et assumé.
- Assistance souple et naturelle.
- La gâchette, hyper pratique.
- Freinage efficace.
- Apport bénéfique des clignotants et du klaxon.
- Application agréable et complète.
Contre
- Très lourd.
- Autonomie contrainte avec la petite batterie.
- Transmission d'entrée de gamme.
- Moteur un peu bruyant.
Note
L'Incroyable de Gaya est un longtail qui affirme ses différences et cela lui réussit. Un look bien à lui, complété par des équipements de confort et de sécurité bien pensés et complets. Efficace et agréable, il n'hésite pas à emprunter au scooter et va au bout de ses idées (clignos, klaxon, béquille, gâchette...). Il est l'un des cargos les plus confortables du marché. Tout cela se paye sur la balance, avec un poids élevé et une autonomie limitée (qui pousse à opter pour la plus grosse batterie). La version courte (un passager) promet d'être moins lourde, plus dynamique et plus autonome, en plus d'être moins chère. Elle sera préférée par ceux qui n'ont pas besoin de deux places à l'arrière.
Confort
Performances
Equipement
Autonomie
Caractéristiques
-
Prix3700 €
-
Cadre
Enjambement 43 cm, porte-bagage avant inclus (15 kg), porte-bagage arrière MIK HD (80 kg), capacité de charge (170 kg)
-
Matériau cadreAluminium
-
Fourche
Fourche suspendue à axe traversant - 70 mm
-
Amortisseur
Bras de suspension arrière, amortisseur polyuréthane - 50 mm
-
Position moteurMoyeu arrière
-
Couple moteur50 Nm
-
Capacité batterie460 Wh
-
Diamètre de roue20"
-
Pneus
Kenda ivoire à flancs réfléchissants - 2,4"
-
Jantes
Aluminium 20" double paroi
-
Type de freinsDisque hydrauliques
-
Freins
Tektro 2 pistons - 180 mm
-
Plateaux
48 dents
-
Vitesses7
-
Dérailleur arrière
Shimano Tourney 7v
-
Cassette
11-28 dents
-
Levier de vitesses
Shifter S-Ride
-
Tige de selle
Téléscopique
-
Tige de selle suspendueNon
-
Selle
Selle cuir vegan, suspension elastomère
-
Potence
Ajustable sans outil
-
Poignée
Cuir vegan
-
Garde-boueOui
-
Antivol de cadreOui
-
Porte-bagageOui
-
Poids38 kg
-
Eclairage arrière
Feu Stop et clignotants
-
Eclairage avant
Phare et clignotants
-
TransmissionChaîne
En banlieue parisienne, ce quadra père de 2 enfants pratique le vélo au quotidien de manière (assez) sportive, sur route et en dehors. A des envies de longues randonnées à la découverte de nouveaux paysages.